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Découverte de l’image de
Notre-Dame-de-Paix.
Le 20 Avril 1659, dimanche de la Quasimodo, des habitants
voulaient établir un jeu de quilles sur la place du village. Le tronc sec et
desséché d’un vieux tilleul les gênant, ils décidèrent de le déraciner. Comme
ils creusaient sous l’arbre, ils trouvèrent, posée sur trois grès et environnée
de racines qui la protégeaient, une statuette de la Sainte Vierge portant
l’Enfant Jésus dans ses bras.
Cette statuette ayant sur la tête une couronne, était en terre
cuite. Sa hauteur de 38 centimètres, la figure médiocrement belle et de forme
très ancienne, sur la robe on y devinait quelques restes de peinture. Les
joueurs continuèrent de creuser la terre dans l’espoir d’y trouver autre chose ;
et découvrirent sous l’arbre deux petites têtes sans corps de même matière et
portant aussi des couronnes. Ce tilleul semblait avoir été planté à dessein
au dessus de l’image pour désigner l’endroit où elle était cachée, et comme il
était devenu sec de vieillesse, on pouvait conjecturer qu’il avait près de 200
ans qu’elle était là. .../... Les vieillards de l’endroit, établissaient
comme un fait certain, qu’il y avait autrefois dans ce pays une célèbre dévotion
à la Sainte Mère de Dieu. Par suite des guerres souvent renouvelées entre la
France et l’Espagne, Fieulaine et les environs avaient été plusieurs fois
dévastés, et son pèlerinage avait été enseveli dans le silence et
l’oubli. Les habitants de Fieulaine accoururent bientôt au bruit que
faisaient ceux qui avaient découvert la statue, s’avisèrent de la placer
provisoirement dans le tronc d’un gros orme proche de là, afin que les passants
la vissent et lui donnassent des marques de respect et de dévotion. Ils
placèrent aussi sous les pieds de la statue les deux têtes couronnées qu’ils
avaient trouvées avec elle. .../...
Tel est le récit fait par M Charles Bourdin, vicaire général de
Monseigneur l’Evêque de Noyon, après information prise sur les lieux.
.../...
Ordonnance de Monseigneur de Clermont, Evêque de
Noyon.
Mgr de Clermont évêque de Noyon, (successeur de Mgr de
Baradat,) voulut examiner lui-même les miracles attribués à Notre-Dame de Paix
et les preuves sur lesquelles ils s’appuyaient. Le 20 janvier 1662, il confirme
l’authenticité de la dite statue et autorise les pèlerinages et confrérie
établis à Fieulaine, en l’honneur de Notre-Dame de Paix : Ce fut lui qui
chargea un de ses grands vicaires de publier l’Histoire de Notre-Dame de Paix. (
imprimé à Saint-Quentin par Claude Le Queux, en 1662.)
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